La filière rhum réunionnaise aujourd'hui

À La Réunion, la filière du rhum est étroitement liée à l’histoire de la canne à sucre et à l’organisation agricole et industrielle de l’île. De la culture de la canne dans les champs à la transformation de chacun des composants de cette graminée tropicale, plusieurs acteurs participent à cette activité et contribuent à structurer une partie de l’économie locale.

Planteurs de cannes, distilleries, liquoristeries, usine sucirère et entreprises spécialisées forment un ensemble de métiers complémentaires. La filière joue également un rôle important dans l’emploi et dans les échanges commerciaux avec l’extérieur.

Tour d’horizon des principaux acteurs et de quelques chiffres qui permettent de mieux comprendre le poids économique de la filière canne-sucre-rhum-énergie à La Réunion.

Une filière étroitement liée à la canne à sucre

Une filière étroitement liée à la canne à sucre​
La production de rhum s'inscrit dans un écosystème agricole et industriel très large construit autour de la canne à sucre. À La Réunion, la transformation de cette plante permet de valoriser différents coproduits. Le jus de cannes peut servir à la fabrication du sucre mais aussi du rhum traditionnel agricole. La mélasse, issue de la fabrication du sucre, est utilisée pour la production de rhum traditionnel de sucrerie, mais aussi la nutrition animale. La bagasse, quant à elle, est utilisée comme source d'énergie dans les centrales thermiques de l'île. Cette organisation très structurée contribue à la valorisation de différentes ressources issues de la filière canne-sucre-rhum-énergie et s'inscrit dans un modèle industriel spécifique au territoire réunionnais. La filière du rhum rassemble plusieurs catégories d'acteurs, parmi lesquels des distilleries et des liquoristeries historiques. Les distilleries participent à la transformation de la matière première qu’est la canne à sucre via la distillation du rhum et les liquoristeries font vivre différentes exploitations agricoles en s’approvisionnant en fruits, épices ou plantes pour l'élaboration de différents types de spiritueux. Ces entreprises s'inscrivent également dans un réseau professionnel qui contribue à représenter et à structurer la filière au niveau local.

Un secteur qui contribue fortement à l'emploi local

Au-delà de la production, la filière participe à l'activité économique de l'île à travers les emplois qu'elle génère directement et indirectement. Selon les données disponibles, le secteur représente plus de 220 emplois directs et contribuerait au total à environ 1 200 emplois directs, indirects et induits à l'échelle de La Réunion, en prenant en compte les activités qui lui sont liées. Dans les entreprises du rhum, ces emplois sont très variés puisqu’ils concernent notamment la production en usine, la gestion des installations de distillation, la logistique, le conditionnement, la conception des rhums, la gestion des chais, la vente, le marketing… Mais plus largement, la filière du rhum fait aussi vivre tout un écosystème autour d’elle : les exploitants agricoles, les producteurs de fruits, les entreprises de transport, la grande distribution, les cafés, les hôtels, les restaurants, les gîtes… L'activité de la filière du rhum s'inscrit ainsi dans une chaîne économique qui dépasse le seul cadre des distilleries et des liquoristeries. Elle est directement liée à l'organisation de la filière Canne-sucre-rhum-énergie et à plusieurs secteurs d'activité présents sur le territoire. On estime que la filière Canne-sucre-rhum-énergie fait vivre quelque 15 000 emplois sur le territoire réunionnais.

Une filière tournée vers les marchés extérieurs

Depuis que la production de rhum s’est industrialisée à La Réunion au XVIIIe et XIXe siècle, la production de rhum a toujours été synonyme d’exportation. En fonction des époques, les marchés principaux de destination ont varié. Si l’hexagone est aujourd’hui le premier territoire d’exportation des rhums de La Réunion, au début du XXe siècle, le gros de la production partait à Madagascar. Chaque année, la production réunionnaise représente environ 120 000 hectolitres d'alcool pur, ce qui fait de La Réunion le plus gros producteur de rhum des DROM. 85% de ces volumes sont destinés aux marchés extérieurs, notamment à la France hexagonale et aux pays européens. Les exportations occupent ainsi une place importante dans l'économie du secteur : les rhums et spiritueux à base de rhum représentent environ 24 millions d’euros de revenus chaque année pour La Réunion. Cette ouverture vers les marchés extérieurs permet aux entreprises de commercialiser leurs productions au-delà du territoire réunionnais et contribue au rayonnement économique de la filière. Selon les données disponibles, les spiritueux représentent la troisième source de revenus à l'exportation de l'île.
Une filière tournée vers les marchés extérieurs​

Le spiritourisme, une activité complémentaire

Le spiritourisme, une activité complémentaire

La filière s’est également ouverte à de nouvelles formes de valorisation du patrimoine industriel et agricole. Parmi elles, le spiritourisme occupe une place croissante. Les visites de sites de production permettent au public de mieux comprendre
l’histoire de la canne à sucre, les différentes étapes de transformation des matières premières et les métiers associés à la filière.
Certaines distilleries et entreprises proposent ainsi des parcours de visite, des espaces d’information ou des expériences permettant de découvrir leur histoire et
leur patrimoine industriel.
En 2025, le secteur a accueilli près de 105 300 visiteurs selon les chiffres communiqués par les acteurs de la filière. Cette fréquentation contribue au développement d’une activité touristique complémentaire et participe à la valorisation du patrimoine lié à la canne à sucre et aux spiritueux à La Réunion.
Le spiritourisme constitue ainsi un point de rencontre entre tourisme, histoire industrielle et découverte des savoir-faire locaux.

Une filière qui évolue avec son territoire

Une filière qui évolue avec son territoire

Aujourd’hui, la filière du rhum réunionnaise repose sur un ensemble d’acteurs aux métiers complémentaires. De la production de canne à la transformation des  matières premières, en passant par la distillation, la liquoristerie, le conditionnement et l’exportation, elle représente une chaîne d’activités bien implantée dans le paysage économique de l’île. Son histoire est intimement liée à celle de la canne à sucre et à l’évolution de l’industrie réunionnaise. Son développement à l’international et l’essor du spiritourisme témoignent également des différentes façons dont ce patrimoine agricole et industriel continue d’évoluer. 
Comprendre l’organisation de cette filière permet ainsi de mieux mesurer son importance dans l’économie et le patrimoine de La Réunion, mais aussi de mieux identifier les nombreux métiers et savoir-faire qui la composent.


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