Depuis hier dans le Nord-est et à partir de lundi 13 juillet dans le Sud-ouest, la coupe de la canne à sucre a repris dans les champs. La canne sert essentiellement à produire du sucre. Mais savez-vous réellement tout ce qui se passe durant ces 6 mois de l’année ?
Dans les champs
C’est la partie la plus visible. Dans les champs de cannes à sucre, partout sur l’île, les planteurs, sabre à la main et chapeau sur la tête pour se protéger du soleil, récoltent la canne. Un travail long et pénible qui requiert de la force. Une grande partie de la récolte se fait encore à la main, roseau par roseau. Mais dans certaines exploitations sur le littoral, où les terrains sont moins accidentés que dans les hauts, la mécanisation a modernisé les process et les coupeuses péi ont remplacé les hommes. Lors de la coupe, la paille de la canne (feuillage) reste aux champs. Toute la canne (tige) récoltée part ensuite au centre de réception, aussi appelé balance, pour être pesée et échantillonnée. Objectif : calculer le poids du chargement et établir son taux en sucre, élément indispensable pour le paiement du planteur à la fin de la campagne.
A l’usine sucrière
Une fois pesée, la canne part en cachalots, énormes camions de transport reconnaissables à leur couleur verte, vers l’une des deux usines sucrières de La Réunion : l’usine de Bois-Rouge à Saint-André réceptionne les cannes du nord-est de l’île et l’usine du Gol à Saint-Louis transforme les cannes du sud-ouest. Les cannes sont pressées pour obtenir le jus de canne qui sert de matière première à la fabrication du sucre après la cristallisation. Lors de cette étape, deux co-produits très importants ont alors extraits : la bagasse qui part alimenter les centrales thermiques et la mélasse qui approvisionne les distilleries.10% de la mélasse repart aux éleveurs qui l’utilisent pour nourrir une partie du bétail réunionnais.
Dans les distilleries
La mélasse extraite des cannes est livrée aux distilleries au fur et à mesure de la campagne : elle sert de matière première pour la fabrication du rhum traditionnel de sucrerie et du rhum léger. Elle est d’abord mise à fermenter dans des cuves avec des levures pour produire de l’alcool. Cet alcool est ensuite mis à distiller dans des colonnes ou des alambics pour produire le rhum blanc. Pour baisser le degré d’alcool du rhum, on ajoute de l’eau afin d’atteindre 49° ou 40°.
Le résidu de distillation est appelé « vinasse ». Loin d’être un déchet, cette vinasse a aujourd’hui plusieurs utilisations. Elle peut repartir aux champs et servira d’engrais naturels pour les agriculteurs. Mais depuis quelques années, elle sert aussi à alimenter les méthaniseurs de la distillerie Rivière du Mât à Saint-Benoît pour produire de la vapeur et de l’électricité. Une partie de cette électricité verte alimente le réseau EDF de l’est de La Réunion.
A la centrale thermique
La bagasse, résidu fibreux obtenu après le pressage de la canne, sert de combustible pour les centrales thermiques d’Albioma qui sont adossées aux usines sucrières. Durant la campagne sucrière, c’est la bagasse sert de biomasse et alimente les centrales pour produire de la vapeur et de l’électricité. Cette énergie est intégrée au réseau EDF pour fournir toute l’île en électricité.
La bagasse non utilisée pour l’énergie est aussi redistribuée aux exploitants agricoles pour nourrir le bétail.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.