La filière du rhum de La Réunion alerte une nouvelle fois sur la menace que représente la taxe sur les alcools locaux qui doit être créée dans le cadre du projet de loi de finances 2026, au profit du Département de La Réunion. Les TPE-PME du secteur ne pourront pas faire face à ce matraquage fiscal.

A l’occasion de la conférence de presse du Département de La Réunion consacrée au Salon International de l’Agriculture 2026 qui s’est tenue mercredi 11 février 2026, Teddy Boyer, Président de la Réunion des Rhums, est intervenu courageusement pour alerter sur la situation de la filière réunionnaise.

La filière du rhum a une nouvelle fois voulu alerter sur les conséquences dramatiques pour les entreprises du secteur si le projet de surtaxation des alcools locaux, introduit sans concertation, devait être appliqué en l’état. Il prévoit en effet une hausse de plus de 1 700€ par hectolitre d’alcool pur, ce qui représenterait une hausse subite de 8€ par bouteille de rhum et de spiritueux vendue à La Réunion.


Faisant une nouvelle fois partie de la délégation des exposants qui iront représenter La Réunion à Paris durant le salon de l’agriculture, La Réunion des Rhums n’a pas caché son inquiétude face aux représentants du Département, de la Région et de la Chambre d’agriculture. Cette mesure fiscale impactera directement l’ensemble de la chaîne de valeur : planteurs, entreprises, salariés, investissements, spiritourisme et export.


La demande de la filière est claire :

– La non-application de cette nouvelle taxation
– L’ouverture d’une concertation réelle avec les acteurs et les élus locaux
– La protection de la production locale et de ses emplois


Un appel à l’union sacrée a été lancé pour sauver une filière attaquée, reconnue bien au-delà de La Réunion pour la qualité de ses productions. Quand une filière agricole est fragilisée, c’est tout un modèle qui peut vaciller. La Réunion des Rhums appelle l’ensemble des filières agricoles réunionnaises à se mobiliser pour défendre la cohérence, la valeur et l’avenir des productions réunionnaises. Défendre le rhum réunionnais, c’est défendre un pilier de l’économie agricole réunionnaise.

C’est préserver l’avenir de notre production locale.


Retrouvez ici l’intervention complète de Teddy Boyer :

 

« Je souhaite aujourd’hui prendre la parole car la situation est grave.

Ce moment aurait pu être un moment de célébration de notre agriculture, à l’approche du prochain SIA à Paris.

Nous sommes fiers d’y participer, pour la 4e année. Nous sommes fiers de nos produits. De nos agriculteurs. De nos savoir-faire. Et fiers de notre île, La Réunion.

Le rhum réunionnais fait partie des productions qui portent haut les couleurs de notre territoire. Il est récompensé pour sa qualité à travers le monde tous les ans, nous sommes le plus gros pourvoyeur de médailles au CGA. Il fait vivre des entreprises, des planteurs, des salariés. Il fait vivre tout un écosystème.

Mais aujourd’hui, cet équilibre est fragilisé.

C’est pourquoi symboliquement, pour la 1ere fois, nos rhums ne sont pas présentés au milieu des autres productions sur la table dans cet hémicycle.

Le projet de surtaxation des alcools locaux, mené sans concertation, met en danger non seulement la filière rhum, mais l’ensemble de la chaîne de valeur qui commence chez les planteurs, se poursuit dans la filière canne-sucre-rhum et irrigue toute la production locale.

Les effets de cette nouvelle taxe seront immédiats, Monsieur le Président du Département : moins de volumes, moins d’investissements, moins de spiritourisme, une pression accrue sur l’emploi, une perte de compétitivité, y compris à l’export.

C’est une mise en péril de notre filière canne-sucre-rhum qui se profile.

Dans un contexte où notre agriculture est déjà sous tension, ce serait un choc supplémentaire. Ce n’est pas un débat théorique. Ce sont des équilibres économiques concrets qui sont aujourd’hui menacés.

Nous sommes pleinement conscients des enjeux de santé publique. Nous, producteurs de rhums et de spiritueux, nous défendons une consommation responsable. Nous travaillons d’ailleurs constamment avec les services de l’Etat. Mais le sujet d’aujourd’hui est tout autre.

À quelques jours du début du SIA, nous ne pouvons pas célébrer nos productions locales sans dire clairement qu’elles sont menacées.

C’est pourquoi, aujourd’hui, devant vous, nous lançons un appel solennel. Un appel à l’union sacrée autour de notre production locale. Nou lé pas plus, nou lé pas moin

Ce qui est en jeu, c’est l’équilibre de notre agriculture réunionnaise, de notre production locale. Nous appelons à une union sacrée des élus, des collectivités, et plus largement des Réunionnais pour soutenir planteurs et producteurs. Nous appelons le Département, qui porte la compétence agricole sur notre territoire, à prendre toute sa place dans cette union sacrée.
Monsieur le Président, nous vous demandons de reconsidérer cette nouvelle taxation qui menace directement notre filière, et à vous engager pleinement dans la protection de notre agriculture.

Nous devons avancer dans le respect des responsabilités de chacun. Dans la cohérence entre les discours et les décisions. Malheureusement, nous le constatons chaque jour, les rhums réunionnais ne bénéficient pas de la reconnaissance qu’ils méritent en tant que piliers de notre industrie agro-alimentaire et de notre artisanat.

Pourtant, dans tous les autres départements de France, tous les produits locaux sont défendus avec force et fierté. C’est cette fierté autour des rhums qui a poussé les décideurs des Antilles à se mobiliser rapidement contre un projet qui menaçait clairement leur production locale.

Imaginez un instant que nous soyons dans un vignoble à Bordeaux. Qu’un amendement fasse passer une bouteille de vin de 12 euros à 20 euros, sous l’effet d’une nouvelle taxe locale. Pour qu’au final, le Bordelais paie son vin au même prix qu’en Angleterre. Personne ne l’accepterait.

Et pourtant cela va se passer ici à La Réunion dès que la nouvelle taxation sera en place : les Réunionnais paieront leur bouteille de rhum, fabriqué avec de la canne locale, plus cher qu’à Paris.

Et quel bénéfice réel pour la santé publique ?… Une hausse brutale des prix ne supprime pas l’addiction à l’alcool et ne supprime pas la demande: elle la déplace. Vers des produits similaires, moins chers, issus de l’importation. Vers des produits moins qualitatifs. Et pendant ce temps-là, c’est la production locale qui s’affaiblit.

Nous comptons sur vous pour porter ce dialogue dans un esprit de responsabilité et de cohérence. Nous appelons à une union sacrée pour défendre une filière reconnue bien au-delà de La Réunion. Quand une filière agricole est menacée, c’est toute l’agriculture qui doit se lever.

Le Salon de l’Agriculture doit rester un moment de fierté. Mais la fierté suppose la cohérence. On ne peut pas défendre nos produits à Paris et les fragiliser ici. Si nous voulons faire rayonner La Réunion, nous devons d’abord protéger ce que nous produisons sur notre sol. Rassemblons-nous. Faisons bloc.

Je me tourne aussi vers vous, collègues et partenaires des autres filières de la production locale. Protégeons ensemble ce qui fait la force de notre agriculture. »

La Réunion des Rhums

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